CCDC · Paola Comis
La Compagnie Coupes de colère (CDC) a été crée en 1999 par Theo Hakola, auteur compositeur, interprète américain et moi-même.
Né en France, de père italien, je suis comédienne, metteuse en scène et autrice. Je me forme à l’École du Théâtre National de Bretagne (TNB). À la suite de cette formation, je cofonde avec d’autres artistes issus du TNB le Théâtre des Lucioles, un collectif de douze acteur·ices avec lequel je joue de 1994 à 2000.
En 2000, je quitte le collectif, tout en conservant le goût du travail collaboratif. Je fonde alors cette compagnie, la Cie CDC, avec Theo Hakola, auteur, compositeur et interprète américain. Ensemble, nous créons plusieurs spectacles, parmi lesquels Une dizaine de morts et La chanson du Zorro Andalou.
En 2002, je signe ma première mise en scène, Ellen Foster, d’après le roman de Kaye Gibbons, un seul en scène dont j’assume également l’adaptation et l’interprétation.
En 2005, alors artiste associé aux Subsistances à Lyon et à la Grande Halle de la Villette, j’initie une collaboration artistique avec Sandrine Lanno qui durera jusqu’en 2018.
EN 2005, je lui propose d’expérimenter une nouvelle façon de travailler sans savoir où ça nous mènera mais j’ai l’envie profonde de m’engager dans une autre direction. Cette collaboration marque un tournant dans mon parcours car je m’oriente alors vers une recherche autour de formes de narration fragmentées, mêlant réel et fiction, intime et collectif. Je choisis désormais d’écrire mes propres créations en développant une écriture de plateau, un langage scénique fondé sur le tissage d’éléments biographiques, fictionnels et poétiques, élaborés en complicité avec les interprètes.
Dans mes projets, je cherche à donner corps à une vision de l’humain — un être morcelé aux identités multiples, traversé par ses propres contradictions-. Cette réflexion sur la narration m’amène à une écriture non linéaire, proche du collage, marquée par mon passage comme interprète dans des spectacles de danse.
Entre 2005 et 2018, avec S. Lanno nous créons cinq spectacles soutenus entre – autre par la MAC (maison des arts de Créteil), La grande halle de la villette et le Volcan au Havre.
En 2015, parallèlement à la création de ce solo et lors d’une résidence à la Grande Halle de la Villette, je ressens le besoin d’ouvrir mon travail à des personnes en situation de handicap. J’entame alors un chemin qui m’ouvre à la création inclusive, notamment avec le centre de réadaptation et de soins de suite de Coubert (Seine-et-Marne).
METTRE LA MARGE AU CENTRE
Mettre la marge au centre et penser la vie et le monde à l’aune de nos vulnérabilités est un enjeu majeur de ma démarche artistique. Ce déplacement – d’un milieu à l’autre, d’un public à l’autre – est essentiel dans mon travail. Quel que soit le contexte ou les personnes que j’accompagne, j’invite à l’écriture et au questionnement. Les questions sont, pour moi, un outil dramaturgique à part entière, un moyen d’explorer les identités multiples qui nous composent et d’interroger notre monde.
Depuis mes débuts, j’ancre mon travail dans des contextes variés. Très jeune, j’interviens à la prison pour femmes à Rennes, en lien avec le Théâtre des Lucioles, dans des projets tels que Les Paravents de Jean Genet, Le Suicidé de Nicolaï Erdman ou encore des ateliers d’écriture. Ces premières expériences marquent durablement mon désir de ne pas m’enfermer dans un entre-soi artistique.
Depuis quelques années, j’ai placé le soin au cœur de ma démarche artistique, tout comme la notion de déplacement — qu’il s’agisse de passer d’un milieu à un autre, d’un public à un autre, ou de sortir des cadres traditionnels de diffusion. Dans un souci constant de ne pas me couper du réel, je poursuis cette voie.
Mon engagement pour l’éducation populaire et l’inclusion est sincère, nécessaire et pérenne.
J’ai enseigné entre 2010 et 2015 au lycée Victor Considérant de Salins-les-Bains (option théâtre) et je poursuis depuis de nombreuses années des actions culturelles en milieu scolaire (écoles, collèges, lycées), en partenariat avec L’Indicible Compagnie. J’encadre notamment des élèves d’option théâtre au lycée J.F. à Coulommiers (2019 – 2022), puis au lycée Gaston Bachelard à Chelles (depuis 2023).
ENTRE INTIME ET COLLECTIF
Ma recherche artistique s’articule autour d’une tension entre intime et collectif. Ce fil rouge traverse l’ensemble de mes projets.
Je conçois l’art comme un levier de transformation et de réparation : un moyen de déplacer les regards, de faire émerger des paroles invisibles, de créer des espaces d’écoute, de donner voix à celles et ceux qu’on entend trop peu ou à ce qui est secret. Aujourdhui j’ai à coeur de trouver du commun, chercher ce qui peut nous rassembler.
Je défends un théâtre en alerte, qui porte la parole sur son dos, et va vers ceux et celles qui ne l’ont pas. Un théâtre qui fait l’expérience de l’altérité et ouvre des champs pour repenser la société dans laquelle nous vivons.
