Documentaires
Pourquoi pas moi ?
Ce documentaire a été initié il y a 4 ans. À l’origine, il y a un besoin de réparation. Le besoin de rendre hommage à mon papa et de parler de ce moment douloureux de la vie où il a été confronté à sa perte d’autonomie et où nous avons été contraint – avec mes frères – de lui poser une question redoutée et redoutable : « Papa, comment et où vas-tu pouvoir continuer à vivre seul ? Est-ce que tu préfères aller en Ehpad ou rester chez toi en étant accompagné par des professionnel.le.s ? ».
Mon père vivait ces personnes comme des intrusions et l’Ehpad comme un enfermement.
Après sa mort, j’ai repensé à ce que nous avions vécu et à notre sentiment d’impuissance. J’ai alors éprouvé la nécessité de rencontrer des personnes résidant en Ehpad pour comprendre ce qu’iels ressentaient.
Ensuite, j’ai eu envie de parler de cet autre moment crucial dans une vie dont on ne parle pas : quand un jeune doit choisir sa voie.
Ce projet parle de place, du moment où on la perd et du moment où on la cherche. Un film de portraits, sur les petits riens qui nous définissent, nous réjouissent et nous relient. Ce film prendra la forme de portraits croisés de jeunes à partir de 17 ans et de résidents en Ehpad, autour de la question de l’autonomie : une façon de mettre en miroir ce moment charnière où l’on cherche à la conquérir et celui où l’on commence à la perdre. Un film de portraits, sur les petits riens qui nous supportent, nous réjouissent et nous relient.
Avec ce documentaire, c’est une parole fragile mais précieuse qui se déploie, une mémoire du corps, du quotidien, de ce qui persiste malgré tout.
En donnant de la place à ces « petits riens » comme autant de fragments de ce qui comptent, je pose cette question : Qu’est ce qui nous définis et nous rassemble ?
Ce projet implique des temps de résidence sur des territoires. Plusieurs volets ont déjà été réalisés notamment avec des personnes âgées dans deux EHPAD, avec dix jeunes à l’E2C (école de la seconde chance) à Chelles, et avec huit jeunes mineurs isolés pris en charge par E.A.D. M.A (l’école alternative des monts d’Arrée) dans le Finistère, avec des jeunes du 18e à la Maison de la Conversation et en 2026 avec des jeunes de l’école 42. Un projet soutenu par Passeurs d’images, été culturel 2024, le festival ICE- Patricia Allio, la fondation du 18e, le FDVA, en partenariat avec la maison de la conversation et la bibliothèque Jacqueline Romilly.
Photos de Makoto Chill Obuto, C. Martin pour Ouest France et P. Comis.















Nos vies de quels ricochets sont-elles les ondes ?
Nos vies de quels ricochets sont-elles les ondes ? est une série radiophonique en 5 épisodes de 40 minutes dans laquelle j’enquête sur la place des morts — où sont-ils ? où vont-ils ? – et des moyens qu’ils utilisent pour entrer en contact avec les vivants.
Une enquête pour ouvrir des perspectives nouvelles dans notre façon concevoir la mort et les morts. Pour comprendre en quoi et pourquoi les morts sont utiles aux vivants et faire entendre des histoires et des recherches qui nous concernent tous puisque nous sommes tissés des morts que nous avons perdus.
En réunissant et en convoquant les témoignages de thanatopracteur.e.s et les propos de A. Damasio, M. Molinié, V. Despret, L. Peiry, C. Liard, D. Horvilleur, A.Denis et P. Charrier, qui ont tous.tes avec la mort une relation particulière, je souhaite partager avec l’auditeur le fruit de recherches qui m’ont aidé à faire le deuil de mes parents. Une introspection qui m’a fait voir et penser la mort autrement.
Une immersion pour libérer de nouveaux espaces de pensées et de questionnements : parvenir à envisager une pluralité d’univers.